Tous les jours se lever, tous les jours se coucher.
Chaque matin ouvrir la porte et les fenêtres, chaque soir les refermer.
Des automatismes répétés continuellement, parce que c'est le rythme de nos journées.
Se regarder dans le miroir, essayer de s'arranger. S'habiller pour dissimuler. Manger pour conserver sa santé. C'est la routine de tout le monde. Mais il n'en n'est pas pour d'autres qui sombrent...
Des personnes entrent et sortent de nos vie. Pourtant, on espérait que certaines restent. On aura tout fait, donné le meilleur de nous même pour ne pas les retenir : parce qu'on n'espérait jamais qu'elles nous abandonneraient un jour... Et lorsqu'elles s'en vont, elles emportent avec elles une partie de nous, qu'elles garderont à jamais, sans même s'en rendre compte. Une liaison qu'on peut comparer à une porte. Une fois parties, certaines la ferment délicatement, d'autres la laisseront entre-ouverte ou ne trouveront pas la force de la fermer. Et beaucoup s'en iront telle cette porte qui claque. Ce bruit sourd, vous l'entendrez encore raisonner dans votre tête, longtemps après, au ralenti. Le courant d'air qui a fait la violence du claquement de cette porte a emporté avec elle cet être qui est parti. Par choix, sans regrets. Comment stopper ensuite cette agonie qui vous poursuit ? L'existence qui bascule. Celle qui est partie est un rocher sur lequel on se fends un peu plus, un poids enchainé à notre pied et qui nous fait couler, un mur sur lequel on ne cesse de se heurter, un bassin de larmes dans lequel on ne peut que se noyer, un livre dans lequel on aime se plonger, mais où les pages finissent déchirée, une flamme avec laquelle on ne cesse de se brûler, mais avec laquelle on aime jouer. Passer d'une période de prospérité et de bonheur, à un néant de peine en quelques heures. Oublier qui nous sommes et fermer les paupières. Avec cette volonté qui nous colle à la peau : celle de ne jamais vouloir ouvrir les yeux à nouveau. Est-ce une vie convenable de ne penser qu'à cette simple question sans arrêts : Pourquoi ?... Parce qu'il n'y a pas de réponse, que rien n'est à comprendre. Aimer à ce que cet unique amour devienne notre survie, notre fardeau que l'on se fait un plaisir de porter chaque jour, notre véritable force et notre inspiration, ne devrait pas exister. Un amour naît, un amour meurt, c'est ce qu'il ne faut pas oublier. Or, nous enterrons tous un peu trop profondément cette idée. À croire que rien n'est éternel. Peu importe ce que je vivrai, ou ne vivrai pas, peu importe ce qu'on me dira, je serai là pour y croire, croire à cette estime que j'ai pour toi et qui ne s'éteindra pas. Croire à cet amour démesuré qui nous menait notre petit bout de vie dans la durée. Tous les jours, à chacun de nos pas, on traîne cette chaine accrochée à notre cheville , qui nous écorche la peau, qui nous empêche d'aller plus loin, de prendre les "bons" chemins, nous menant à ceux de la morts plutôt qu'à ceux de la vie. Tout ce que l'on voit n'est que néant, on reste au bord de ce gouffre sans fin qui nous aspire, on reste au bord de cette falaise qui peut s'écrouler à tout moment. Ce vide infini attend notre plongeon, qui sera unique, mais ce vent puissant provenant dans notre dos nous retiens, alors qu'on ne voudrait qu'une chose, son intention inverse : qu'il nous y pousse violemment, une bonne fois pour toutes, définitive. Le coeur crucifié, notre âme enchaînée, martyrisée dans son plus profond silence, dans nos ténèbres. Un noir pénétrant et d'une froideur inexprimable dans lequel nous sommes plongés, dont aucune lumière n'apparaîtra. Il y a toujours de la lumière même dans les endroits les plus obscurs, il faut juste se souvenir de savoir rallumer cette lumière, il parait... Mais ce simple savoir peut s'avérer être impossible, car la force n'existe plus, aucune, la force de rien, la force à rien. Cette banale capacité a disparu, la source où l'envie naît, est comme bloquée, non, elle n'est pas simplement bloquée, elle est impénétrable. Une main tendue, incapable de la saisir, cependant on reste sourd. À tout. On ne lit plus, on n'entends plus, on ne sait plus comprendre, ni trouver la raison. Qu'est ce que la raison ?... Quand on avait trouvé cette unique raison, notre raison de vivre, qui se résumait qu'à un seul être sur des milliards sur cette terre, et qu'elle est partie... Pour toujours. Comment peut-on vivre ?... Face à soi, cracher sur le miroir. Ouvrir les yeux pour se réveiller, retenir sa respiration, à notre première pensée, se demander : pourquoi suis-je encore en vie ?
Il y en a qui MEURENT pendant que d'autres VIVENT.
Il y en a qui VIVENT pendant que d'autres MEURENT.
"Encore un jour de plus à vivre, dans ce monde immonde..." Gabriel Evan.